Texte de l'allocution du professeur Fernand de Varennes, le 7 novembre 2012, dans le cadre de la Sixième édition des Journées des droits linguistiques, tenues du 6 au 8 novembre 2012 à la Faculté de droit de l'Université de Teramo (Italie).
Mesdames et messieurs, distingués collègues.
Bonjourno
D'abord permettez que je remercie les organisateurs de cette conférence intéressante et stimulante, à l'Université de Teramo, à l'Association Langues d'Europe et de la Méditerranée (LEM) et en particulier aux forces motrices de cette tradition maintenant longue de 6 ans – donc surtout, beaucoup et surtout merci à Giovanni Agresti et Sylvia Pallini qui sont tous les deux sources intarissables d'énergie, de dévouement et, ma foi, d'inspiration.
Giovanni et Sylvia, à vous deux, chapeau.
Chers amis.
L'immigration pour les minorités linguistiques ou régionales , qu'est-ce que cela signifie pour ce qui est de leur survie ? Menace ou solution…
Pour la plupart, malheureusement, il se peut fort bien que ce soit plutôt la première – mais ce n'est heureusement pas toujours le cas. Sous certaines conditions l'arrivée d'immigrants peut contribuer au maintien et même au renforcement de communautés linguistiques –surtout s'il y a en place certains mécanismes et pouvoirs au niveau juridiques et politiques comme Amélie Hien l'a démontré hier dans sa présentation.
« Les flux migratoires contemporains risquent forts de contribuer à l'affaiblissement et à l'érosion des minorités linguistiques s'il n'y a pas déjà en place certains éléments pour assurer la survie des langues minoritaires ou régionales : en particulier que ces langues soient des langues ayant droit de cité dans les institutions gouvernementales sur un territoire donné. »
Mon intervention portera pour les prochaines 20 minutes – mas ou menos - d'abord sur l'impact de la présence grandissante des immigrants, puis sur les conséquences de ce flux migratoire et démographique de plus en plus importants dans des pays comme le Canada, en Finlande et quelques autres pays pour ensuite identifier les rares situations où la venue d'immigrants a pu contribuer au maintien des communautés linguistiques minoritaires.
Enfin, je vais suggérer qu'il existe certains traits communs et certaines leçons à tirer de ces situations où l'apport des immigrants a été favorable pour les minorités linguistiques.
Mesdames et messieurs, commençons par ce qui est aujourd'hui l'évidence même : le phénomène migratoire et le nombre grandissant d'immigrants et de travailleurs étrangers dans tous les pays occidentaux est non seulement indéniable, mais aussi un phénomène mondial qui ne se limite pas à l'Occident.
(Voir, à la fin de ce texte, la carte qui est à la diapositive 3 du diaporama: Les grands flux de migration dans le monde).
L'Organisation Internationale du Travail (OIT) estime qu'en ce moment en Europe, il y aurait une trentaine de millions de travailleurs étrangers ainsi que leur familles ; il y en aurait 20 millions en Afrique, 18 millions en Amérique du Nord, 12 en Amérique Centrale et du Sud, 7 millions en Asie du Sud et de l'Est, et 9 au Moyen Orient.
Dans les pays occidentaux mais aussi dans d'autres comme le Japon, le vieillissement de la population et la baisse du taux de fécondité font en sorte que, pour ceux-ci, ce sont les immigrants qui permettent à la population nationale de se maintenir ou d'accroître : en d'autres mots sans immigrants point de salut puisque la population de la plupart des pays en Europe ainsi qu'au Canada et aux Etats-Unis – il a gagné les élections, Obama, en passant – chuteraient de façon quasi-vertigineuse : comme dans l'exemple de la population allemande.
« Sans apport migratoire, la population active allemande risque de chuter de près de 50% d'ici à 2050. Il y a aujourd'hui 44 millions d'actifs au sein de la population. Sans immigration, en 2050, ils ne seront que 26 millions. »
Ce phénomène fait bien sûr l'objet de moultes études, sauf pour ce qui est de la question de l'impact de ces mouvements humains sur les minorités linguistiques traditionelles elles-mêmes au sein d'un pays. Il y a fort peu de recherche sur cette question qui, pourtant, est franchement « existentielle » : il est clair que, si la population de nombreux pays occidentaux diminuerait sans l'apport des immigrants, il en va bien sûr de mêmes pour la plupart des minorités linguistiques historiques dans ces mêmes pays.
À prime abord – et je ne peux aller dans les détails faute de temps, les flux migratoires peuvent souvent pour celles-ci constituer une triple menace quoique je ne veux pas exagérer le côté négatif puisque ce ne sont pas les immigrants eux-mêmes qui constituent au fond une menace pour les minorités linguistiques, mais la façon qu'ils sont peut-être dirigés et encadrés par le gouvernement national, et le fait que, pour la plupart des pays occidentaux, les mesures en place font tout pour forcer les immigrants à s'assimiler avec la majorité linguistique:
LA "TRIPLE MENACE" DES IMMIGRANTS
• Les immigrants doivent seulement apprendre "la" langue nationale.
• Sauf quelques exceptions (Finlande/Åland ; Suisse ; Canada) la citoyenneté ou le droit de résidence uniquement associé à la langue de la majorité (nationale).
• Plus élevé le pourcentage d'immigrants, plus dilué celui des minorités linguistiques dans l'ensemble du pays.
Prenons l'exemple de la minorité francophone au Canada et les effets linguistiques d'une population immigrante grandissante. Pour des raisons que j'expliquerai sous peu, j'exclu pour l'instant le Québec.
(Voir, à la fin de ce texte, le tableau qui est à la diapositive 6 du diaporama:
Connaissance des langues officielles chez les immigrants à leur arrivée dans certaines provinces, de 1996 à 1999).
Les données plus récentes sont de plus en plus claires : sauf au Québec, l'immigration a pour effet de réduire le poids démographique des minorités linguistiques francophones de façon très marquée.
Si vous regardez ces chiffres de près, le nombre d'immigrants francophones est minime, même si Amélie Hien a démontré qu'ils existent et peuvent avoir un certain impact : chaque année si le Canada accueille plus d'un quart de million d'immigrants : ils s'associent en fin de compte presque tous avec l'anglais, sauf au Québec. En moyenne, moins d'un dixième des immigrants connaissent le français à leur arrivée au Canada – alors que les francophones sont tout de même près du quart de la population canadienne.
Comme la minorité francophone à l'extérieur du Québec s'assimile de plus en plus vite, avec à peu 43 pour cent de cette population ayant le français comme langue maternelle parlent l'anglais le plus souvent à la maison, il est évident que l'arrivée massive de nouveaux immigrants pour qui le Canada qu'ils connaissent est nécessairement et presqu'uniquement anglophone ne fait que submerger cette minorité linguistique – y compris en passant les minorités autochtones - de plus en plus dans un monde anglophone unilingue.
Aussi surprenant que cela puisse sembler, le Canada est de moins en moins bilingue – sauf au Québec et les francophones hors-Québec. Les données du tout dernier recensement de 2011 qui viennent tout juste de paraître il y quelques semaines indiquent en effet que les anglophones du pays – donc la majorité - apprennent de moins en moins le français.
La seule lueur d'espoir pour la minorité francophone semblerait être au Québec, où un pourcentage de plus en plus important d'immigrants – donc l'avenir du pays au niveau démographique – apprennent et adoptent le français – s'ils ne l'ont pas encore - comme principale langue plutôt que l'anglais. Ce qu'il importe de noter aussi, c'est que c'est un nouveau phénomène.
Les immigrants au Québec sont ainsi de plus en plus nombreux à parler la langue de Molière à la maison.
« Alors que les immigrants au Québec étaient 21 pour cent en 2001 et près de 23 pour cent en 2006, ils sont maintenant 24 pour cent à parler le français au sein de leur foyer. L'anglais a connu un recul pendant la même période comme langue la plus parlée chez les immigrants, passant de 22 pour cent à 20 et finalement à un peu moins de 20 pour cent lors du dernier recensement. »
Mais dans l'ensemble du Canada, l'anglais l'emporte chez les immigrants: 63,5 pour cent de ceux-ci qui déclare une langue maternelle autre que l'anglais ou le français converse en anglais à la maison.
Il y aurait peut-être quatre principales raisons pourquoi les immigrants commencent à favoriser le français sur l'anglais au Québec:
- quoique la plupart des services publics sont disponibles en anglais et en français (même si la province est officiellement unilingue française), il est clair que le français est au niveau provincial plus utile et « prestigieuse »
- les politiques d'immigration du Québec qui favorise les nouveaux arrivants en provenance de pays francophones.
- le français est la principale langue employée par le gouvernement, et aujourd'hui serait la principale langue d'emploi et de commerce dans la province.
- il est possible de vivre et travailler en français sans avoir à maîtriser l'anglais au Québec, ce qui n'est pratiquement pas possible dans les autres parties du Canada, même au Nouveau-Brunswick qui est officiellement bilingue.
Statistique Canada, organisme gouvernemental responsable du recensement, vient de conclure sur l'affaiblissement de la minorité francophone :
« Outre un faible taux de fécondité et une transmission incomplète de la langue maternelle française des parents aux enfants, c'est l'immigration internationale qui influe le plus sur l'évolution du français au Canada ».
Chose qui pourrait aussi surprendre, près d'un tiers de la totalité des immigrants au Canada ne savaient même pas qu'on y parlait français ou que c'était un pays officiellement bilingue – ce qui, il faut l'avouer, augure plutôt mal.
L'immigration et son effet sur les minorités linguistiques sur place, ne sont bien sûr pas un phénomène restreint à l'Amérique du Nord.
En Europe, à quelques exceptions près, la plupart des immigrants reçoivent le message qu'ils doivent s'intégrer en apprenant "la" langue nationale comme s'il n'y en a qu'une seule – ce qui n'est pas le cas bien sûr dans des pays comme la Belgique, la Suisse ou la Finlande.
Qu'en est-il alors de l'impact de ce genre de message pour les minorités linguistiques en Europe où la part de la population immigrante s'accroît également?
Prenant l'Italie : les études sur ce sujet sont peu nombreuses (voir la note 1, à la fin du texte), mais quelques-unes existent démontrant que pour les immigrants, il n'y a qu'une seule langue qui compte en Italie, et c'est bien sûr l'italien. Ces quelques études confirment que les langues régionales en Italie ont pris du recul – sauf – et c'est là l'important – sauf pour une seule dans des conditions qui ressemblent à plusieurs points à celles au Québec puisque depuis quelques années les immigrants dans cette région en Italie commencent à préférer cette langue minoritaire, même par rapport à l'italien – langue nationale.
( Voir le tableau Enfants étrangers par langue d'enseignement, années scolaires 1997/98 - 2006/07 lequel est à la diapositive 10 du diaporama ci-dessous. Source : Astat Tabsammlung, novembre 2007. Disponible à www.provincia.bz.it/astat/de/bildung-kultur/662.asp?redas=yes&WeiterbildungPubl_action=4&WeiterbildungPubl_article_id=73623 )
Comme vous pouvez voir ici – scusi, ce n'est qu'en italien – il est en train de se produire un phénomène récent et grandissant : les enfants des immigrants commencent à préférer de plus en plus l'allemand dans la région de Bolzano plutôt qu'automatiquement ou presqu'exclusivement l'italien.
J'ai d'autres données mais l'essentiel c'est que, depuis quelques années seulement, presque la moitié des immigrants préfèrent inscrire leurs enfants dans des écoles de langue allemande – surtout chez les immigrants de plus longue date qui connaissent la situation dans l'Alto Adige- Sud Tirol. Les raisons sont encore un peu un mystère parce qu'on a pas ou peu étudié ce phénomène sauf pour une étude mentionnant par exemple que:
« La tendance chez les immigrants qui ont de la parenté ou vivant depuis longtemps [dans le Alto Adige] est d'inscrire leurs enfants dans les écoles de langue allemande. Leur connaissance et leur compréhension de la société et de la situation minoritaire les mènent à choisir d'envoyer leurs enfants à l'école allemande en raison des meilleures attentes économiques et sociales associées à cette langue. »
Ma traduction, extrait de Verena Wisthaler, The paradox immigration puts traditional minorities in: A case study on the education system of South Tyrol, p. 8, minorityeducation.org, 2008, disponible à migrationeducation.de/fileadmin/uploads/VerenaWisthaler.pdf
Il faut décoder ce que Verena Wisthaler indique ici pour comprendre que, comme au Québec, il est maintenant possible de vivre et travailler en allemand à Bolzano, et qu'en raison du régime d'autonomie territoriale et d'un système plutôt rigide de quota au niveau de l'emploi au sein des emplois à la fonction publique, près de deux tiers des emplois sont réservés exclusivement aux personnes qui s'identifient avec la langue allemande.
(Voir la diapositive 12 du diaporama ci-dessous.)
C'est, en d'autres mots, une situation qui se rapproche de celle au Québec où la langue de la minorité est aussi langue de prestige, d'emploi et d'opportunité – alors que ce n'est que fort peu le cas pour la minorité francophone hors-Québec, ou germanophone hors Bolzano. A l'extérieur de Bolzano, l'allemand disparaît. Le français et l'allemand deviennent ainsi pour les immigrants une option de choix au niveau de l'emploi et d'avenir pour leurs enfants sous certaines conditions de droits linguistiques associés à une autonomie territoriale et de compétences importantes.
Et, en passant, c'est en raison de cette autonomie territoriale et aux garanties au niveau de l'usage de la langue et d'emploi que l'allemand et le ladin se maintiennent et même ont gagné du terrain, comme vous pouvez à la diapositive 13 du diaporama ci-dessous.
Un dernier exemple qui, je crois, démontre encore aussi le pouvoir d'attrait pour les immigrants d'une langue minoritaire – sous certaines conditions bien sûr – et c'est la Finlande.
Alors la minorité parlant le suédois est en train de disparaître sur la terre ferme de ce pays comme vous pouvez voir à la diapositive 14 du diaporama ci-dessous, même si le suédois est langue officielle nationale avec le finlandais, celle-ci se maintient aux îles Aland – et les immigrants qui s'y installent quoique peu nombreux, il faut l'admettre – et bien ces immigrants à 100% choisissent la langue minoritaire suédoise pour leurs enfants et non pas la langue officielle de la grande majorité de la population au pays, le finlandais. Voir, à la diapositive 15 du diaporama, le territoire autonome des îles Alands.
Qui plus est, même les suédophones de la terre ferme de la Finlande vont s'installer aux îles Ålands.
Pourquoi? Parce que les îles Alands ont – comme les provinces de Québec et de Bolzano – une autonomie territoriale qui fait en sorte que la langue minoritaire suédoise est la principale langue officielle pour ce qui est du gouvernement de ce territoire. Qui plus est, l'enseignement public ne se fait qu'en suédois, quoiqu'on y apprend un peu de finlandais – ou d'allemand, d'anglais ou même de français.
(Voir la diapositive 16 du diaporama ci-dessous.)
Ainsi, depuis près d'un siècle, la langue suédoise n'y est absolument pas menacée, et elle est toujours la langue choisie et privilégiée par les immigrants qui s'y installent depuis quelques années.
Pour ce qui est du suédois, il est en train de s'affaiblir partout dans le reste du pays, tout comme le français hors Québec, ou l'allemand hors-Bolzano puisque, dans les autres parties de la Finlande, il serait pratiquement impossible pour un immigrant de survivre s'il n'apprenait que le suédois – pourtant langue officielle.
C'est d'ailleurs le même problème que nous connaissons au Nouveau-Brunswick avec les efforts chez-nous – je suis un Acadien, Canadien Australien - d'attirer des immigrants francophones ou allophones s'identifiant à la francophonie – et cette ressemblance n'est pas une coïncidence.
Les Africains, Roumains et autres à qui on dit « venite, venite, » venez chez nous et venez jouer, chanter et travailler dans la langue de Molière – et bien ils finissent trop souvent par apprendre qu'ils n'arrivent pas toujours à bien vivre s'ils ne parlent pas aussi l'anglais, alors que bien sûr ils peuvent toujours se passer du français et seulement se servir de l'anglais. La leçon est claire :
Pleins d'emplois ou d'opportunités au niveau de l'éducation exigeront une connaissance de la langue officielle majoritaire, et beaucoup moins ou peu seront associés à la maîtrise de la langue minoritaire. Les services de santé ne sont pas toujours disponible sans retard en français hors-Québec, ou, par exemple, le policier qui contrôle la circulation ou qui vous arrête ne parlera pas toujours français – et vous aurez peut-être des ennuis si vous insistez, surtout comme immigrant, à exiger vos droits linguistiques comme minoritaire francophone – alors que cela n'est pas un problème au Québec, aux îles Alands et à Bolzano, quoique pas au même point ici pour d'autres raisons.
Unius linguae uniusque moris regnum imbecille et fragile est.
Saint Étienne (Étienne 1er de Hongrie, 1000-1038) (voir la note 2, à la fin du texte et la diapositive 17 du diaporama).
Comme je l'ai indiqué au tout début, il ne faudrait tout de même pas généraliser car fort peu d'études ont été faites sur cette problématique qui pourtant est tout aussi vitale – dans le vrai sens du mot – pour les communautés minoritaires tout autant que pour les sociétés nationales d'aujourd'hui un peu partout à travers le monde.
Grosso modo, pour la plupart des immigrants hors-Québec, hors-Bolzano et hors-Åland, le français, l'allemand et le suédois ne sont pas ou du moins relativement peu des langues de prestige, d'emploi ou d'avenir, et ils iront donc plutôt rejoindre les rangs des langues officielles dominantes ou nationales malgré un petit nombre du côté des communautés minoritaires.
Ainsi, et malheureusement dans la plupart des pays, compte tenu des réalités sociales, juridiques et politiques dont je viens de parler, cette montée démographique immigrante peut constituer une menace pour bon nombre de minorités linguistiques – mais pas exclusivement et partout, surtout si comme dans l'exemple du Québec, de Bolzano et d'Åland une langue minoritaire peut exercer un pouvoir d'attraction.
On peut peut-être tout de même se permettre un certain optimiste dans tout cela puisqu'il y a des leçons pouvant servir de modèles pour d'autres minorités. Ainsi, les minorités linguistiques francophones hors Québec, germanophone à Bolzano et suédoise à Åland ont pu non seulement se maintenir mais aussi s'épanouir au cours des décennies– en partie grâce à l'apport des immigrants - quand celles-ci sont munies de moyens qui puissent faire de leur langue une langue de prestige, une langue d'espoir, et une langue d'avenir sur un territoire où elles exercent un contrôle réel sur l'appareil étatique.
En fin de compte, les immigrants sont à long terme une solution plutôt qu'une menace – sous certaines conditions.
Grazie, grazie mille a tutti.
Note 1: voir Verena Wisthaler, The paradox immigration puts traditional minorities in: A case study on the education system of South Tyrol, disponible à MinorityEducation.org , 2008
Note 2: Cité dans l'avant-propos, Macartney, C.A. (1968), National States and National Minorities, Russell and Russell, New York.
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