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Produire et reproduire la francophonie en la nommant
Sous la direction de:
Nathalie Bélanger, Nicolas Garant, Phyllis Dalley et Tina Desabrais
Éditeur: Prise de parole
366 pages
33,95 $
ISBN 978-2-89423-242-2
Par l'ouvrage « Produire et reproduire la francophonie en la nommant » , dix-neuf chercheurs mènent un projet multidisciplinaire ambitieux : tenter de mieux comprendre comment différents processus sociaux, politiques et institutionnels contribuent à produire et à reproduire la francophonie en la nommant, c'est-à-dire en la définissant, la codifiant, la normalisant. Ce faisant, ils présentent une panoplie d'exemples qui incitent à de nouveaux questionnements.
La réflexion suit trois axes. Le premier interroge le rôle des mots, des définitions, des catégories dans les processus d'inclusion et d'exclusion à l'œuvre au sein des institutions et organismes dits francophones. Un article explore par exemple la notion de l'archipel pour représenter la francophonie, métaphore féconde qui met de l'avant l'idée d'une francophonie aux multiples frontières partageant un socle commun, la langue française, tels les îlots de l'archipel. Un autre traite de la construction identitaire en Ontario par l'analyse du discours de la politique d'aménagement linguistique. La francophonie devient ici un projet politique.
Le deuxième axe s'intéresse aux liens entre les définitions et énoncés politiques ou institutionnels et la francophonie qu'ils prétendent représenter. La tentative est grande d'expliquer la réalité des institutions francophones en mettant de l'avant leur statut, leur mandat, leur histoire. Dans cette perspective, l'institution francophone apparaît comme le vecteur d'une volonté collective de survie. En réalité, une francophonie plus complexe existe que celle spontanément attribuée à l'institution francophone. Cette problématique donne lieu à des articles qui explorent, par exemple, des aspects du système de l'éducation, notamment l'impact des définitions constitutionnelles des personnes ayant droit de fréquenter l'école française, ou encore la contribution de la section francophone du ministère de l'Éducation de l'Ontario à produire la réalité franco-ontarienne.
Le troisième axe examine comment sont reçues et approuvées les définitions et les représentations, donc comment s'articule la réalité entre francophonie définie et francophonie vécue . Cet axe soulève la question de la mise en œuvre des politiques officielles ou institutionnelles, celle de leur emprise sur le réel et le quotidien et celle de l'apport du quotidien sur la création du savoir. Parmi les articles, un retrace le rôle des intellectuels en situation minoritaire entre 1970 et 1985 et d'autres explorent la contribution des artistes, notamment ceux du milieu théâtral, à la définition du francophone en milieu minoritaire.
Il en ressort que les processus de définition de la francophonie sont éclatés, pluriels et en évolution, donc qu'il est préférable de les aborder dans une perspective relationnelle, comme des réalités sociales complexes. Ce faisant, cet ouvrage aide à saisir comment de telles définitions contribuent à façonner la réalité francophone au Canada, mais aussi ailleurs dans le monde.
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Modification : 2010-05-21
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